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Le gouvernement déloge les opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes

jeudi 18 octobre 2012 à 11 h 53 min | Aucune réaction

Une opération d’expropriation de terrains occupés par des opposants au projet de futur aéroport nantais a débuté le 16 octobre.

Loin de mettre en oeuvre sa « méthode de concertation », le gouvernement a donc décidé d’employer la force pour faire avancer les intérêts du groupe Vinci, promoteur d’un projet critiqué pour son inutilité. Comment réagiront les écologistes du gouvernement ?

Peu avant 7h, d’importantes forces de l’ordre ont commencé à déloger les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, près de Nantes. Plus de 500 gendarmes et CRS, plusieurs hélicoptères et des dizaines de véhicules sont sur place. Un quasi état de siège pour une opération qui concernerait, selon la préfecture de Loire-Atlantique, « sept occupations illégales sur des espaces bâtis et quatre zones d’occupation illégales non bâties ». Motif : les travaux préparatoires à la construction de l’aéroport – qui doivent commencer début 2013 pour un achèvement prévu en 2017 – impliquent que les maisons rachetées par le concessionnaire Vinci et celles qui ont fait l’objet d’une procédure d’expulsion soient en grande partie vidées.

En guise de première riposte, les opposants ont investi dès 7h la fréquence 107.7, antenne des autoroutes Vinci, le groupe concessionnaire du projet d’aéroport. Outre les agriculteurs touchés par les procédures d’expropriations, une centaine de militants hostiles au projet s’étaient durablement installés dans la campagne environnante depuis plus de trois ans. Ils ont appelé à la « réoccupation » en cas d’expulsion. « Notre victoire ne sera pas militaire, elle ne peut être que politique », assure une militante (lire sa lettre).

Un gouvernement dans l’illégalité selon… EELV

Oublié donc la concertation engagée lors de la conférence environnementale. « Alors que le gouvernement Ayrault ne perd aucune occasion de vanter les mérites de sa méthode de concertation, force est de constater que cette « bonne » gouvernance semble réserver aux questions sans enjeux et sans réalité locale », critique l’association Agir pour l’environnement.

Du côté d’Europe écologie – Les verts (EELV), on « déplore ce déploiement démesuré de forces de l’ordre, qui par ailleurs n’est justifié par aucune urgence, ni aucune nécessité », sans condamner clairement l’expulsion. « Plutôt que d’utiliser la force, le gouvernement et le groupe Vinci devraient aller au bout de leurs obligations réglementaires, qui ne sont à ce stade pas remplies, entraînant par exemple à scandaleusement contourner la loi sur l’Eau », ajoute EELV (lire le communiqué). Les ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin demeureront-ils dans un gouvernement accusé par leur propre parti de ne pas respecter la loi ?

Les engagements récents d’autres membres du gouvernement semblent autant inébranlables qu’un brin d’herbe sous une rangée de CRS. « Dans la VIème République que je défends les pouvoirs et contre-pouvoirs seront organisés de telle manière que jamais un projet qui divise autant ne puisse être adopté, au niveau national comme au niveau local », écrivait, à propos du projet d’aéroport, Arnaud Montebourg [1]. « Je vous le dis avec netteté : il faut tout reprendre depuis le début. » C’était en octobre 2011 avant qu’il ne devienne ministre. Il répond désormais beaucoup plus sobrement : « Le Premier ministre a tranché ce dossier » (Lire sur Rue89).

Ce projet d’aéroport à 30 km au nord de Nantes, destiné à remplacer en 2017 l’actuel aéroport de Nantes Atlantique situé au sud de l’agglomération, a été validé par l’État et les collectivités locales à majorité socialiste. Son utilité est cependant contestée par de nombreuses associations, qui mettent aussi en avant son impact environnemental et son coût, 600 millions d’euros.

[1] Dans un courrier

Article diffusé sous licence Creative Commons, écrit par Sophie Chapelle et Ivan du Roy pour Basta!






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