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Alternatives aux pesticides : la nouvelle intox du gouvernement

lundi 2 mai 2011 à 13 h 01 min | Aucune réaction

Le gouvernement vient d’annoncer l’autorisation de vente du purin d’ortie. Une préparation naturelle, emblématique des alternatives existantes face aux produits « phytosanitaires ».

Mais seuls les produits industriels peuvent être vendus, et la recette de fabrication retenue n’est pas la bonne… La quantité de pesticides en France doit être réduite de moitié d’ici 2018.

 

Développer des alternatives naturelles aux pesticides reste visiblement encore un parcours du combattant.

« Le ministère de l’Agriculture préfère les effets d’annonces plutôt que de respecter la loi ». C’est ce que dénonce dans un communiqué l’Association professionnelle pour la reconnaissance des préparations naturelles peu préoccupantes (Aspro-PNPP), qui milite pour la reconnaissance des alternatives aux pesticides. Les « préparations naturelles peu préoccupantes », ce sont les préparations à base de composant naturel comme l’ortie, la fougère, l’argile, le vinaigre blanc, qui sont utilisées pour renforcer la capacité des plantes. En 2005, la Loi d’orientation agricole a contraint ces produits à subir les mêmes tests et procédures que les pesticides chimiques, pour obtenir une autorisation de mise sur le marché. Le ministère de l’Agriculture vient d’annoncer la prochaine autorisation de vente de l’emblématique « purin d’ortie » – à une date encore non déterminée. Une information qualifiée d’intox gouvernementale par l’association Aspro-PNPP, qui la démonte point par point.

« Seules les procédures concernant les produits industriels brevetés sont retenues, » indique l’Aspro. Le député Antoine Herth vient de rendre au ministère un rapport sur le développement des méthodes de « biocontrôle » en agriculture — méthodes de protection des végétaux par l’utilisation de mécanismes naturels. Il recommande de classer les préparations naturelles comme des « substances de base ». Mais le gouvernement complique le processus en exigeant que ces substances figurent sur une liste homologuée par Bruxelles. A l’inverse de plusieurs pays européens, comme l’Allemagne, l’Espagne et l’Autriche, qui n’imposent pas ces restrictions. Cette solution est inadaptée à ces préparations naturelles qui sont « issues des savoirs populaires du domaine public, » rappelle l’association.

Un acharnement à bloquer les alternatives aux pesticides

L’Aspro-PNPP pointe également les lacunes de la liste des plantes publiée par le ministère pour élaborer des préparations naturelles. « Il interdit toujours l’utilisation de la majorité d’entre elles, explique l’association. Ne figurent pas par exemple la fougère, la consoude et bien d’autres plantes ou produits non végétaux comme l’argile ou le petit lait, couramment utilisés ». Ces plantes et produits non végétaux continuent ainsi d’être soumis à la même procédure communautaire d’évaluation que les pesticides chimiques, là-encore totalement inadaptée. Cette promesse d’autorisation du purin d’ortie n’apporte donc en aucune manière « la solution globale attendue pour les centaines de PNPP qui attendent une autorisation de mise sur le marché ». La Direction générale de l’alimentation, auteure de l’arrêté, établit également la « recette de fabrication » du purin d’ortie. Problème : cette recette ne correspond pas aux pratiques des fabricants ! De fait, cet arrêté recrée l’interdit.

Alors que le gouvernement a mis en place un plan visant à réduire de moitié la quantité de pesticides d’ici 2018, l’Aspro s’étonne toujours de « l’acharnement du ministre à bloquer les alternatives aux pesticides ». Elle demande l’application de la loi votée en décembre 2006, qui cessait de soumettre les préparations naturelles aux procédures prévues pour les produits phytopharmaceutiques. L’Aspro poursuit ses actions :après des pulvérisations symboliques de purin d’ortie et d’huile de Neem par des élus locaux le 29 avril dernier à Bègles (Gironde), la prochaine action est prévue le 14 mai à Maclas (Loire).

Article diffusé sous licence Creative Commons, écrit par Sophie Chapelle, pour Basta Mag.

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