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Procès des tortionnaires de Cyril, mort en Zambie en 2003

mardi 21 septembre 2010 à 11 h 24 min | Une réaction

Le procès des tortionnaires de Cyril Driancourt, l’adolescent mort en Zambie en 2003 lors d’un « séjour de rupture » pour jeunes en difficulté, s’est ouvert ce matin devant la cour d’assises des mineurs de Quimper.

Frédéric Aupérin, l’animateur du séjour, 40 ans au moment des faits, et deux stagiaires alors adolescents de plus de 16 ans, sont accusés d’actes de tortures et de barbarie.

Le huis clos n’a pas été demandé par la défense bien que deux des accusés étaient mineurs au moment des faits. Les audiences qui doivent se dérouler jusqu’au 1er octobre, seront donc publiques. L’association parisienne Vagabondage, employeur de Frédéric Aupérin, et son président Robert Antraygues comparaîtront pour homicide involontaire.

« On a enfin le responsable de la mort de notre fils, on ne l’avait jamais vu en sept ans et demi, c’est très dur. On lui reproche d’avoir assassiné notre fils », a déclaré Doriane Driancourt, la mère de Cyril, peu avant l’ouverture du procès.

« Cet enfant n’aurait jamais dû être envoyé là […] Je n’ai absolument pas frappé Cyril. On m’a jamais demandé si la mort de Cyril ne m’avait pas traumatisé mais on m’a enfoncé dès le départ. J’ai été maltraité dès que j’ai mis le pied en France », a affirmé M. Aupérin lors de ce premier jour d’audience.

Cyril Driancourt, âgé de 15 ans, est un enfant difficile atteint d’un léger retard mental. Il avait été confié à l’ASE (aide sociale à l’enfance) du Finistère sur ordonnance du juge pour enfants de Brest, après des violences et une fugue de son école spécialisée.

L’association Vagabondage lui avait alors proposé un séjour de plusieurs mois à Livingstone, dans le sud de la Zambie, pour construire un village fermier.

Mais dès le début du stage,  fin février, Cyril devient le souffre-douleur du groupe et de l’accompagnateur sans diplôme.

Le 17 mars, soit quelques jours avant sa mort, Cyril s’était enfui du camp. Pour le punir, ses camarades l’avaient roué de coups avant de le dénuder à la demande d’Aupérin, qui, dans un premier temps, avait reconnu infliger régulièrement des punitions corporelles aux stagiaires.

Le malheureux avait ensuite été abandonné toute la nuit, couvert d’excréments et attaché à un poteau dans l’enclos des porcs. Trois jours plus tard, le 20 mars, Cyril est pris d’une violente crise de convulsions. Il avait alors été conduit à l’hôpital de Lusaka, capitale de la Zambie, où il avait été placé en vain sous assistance respiratoire.

Selon un expert neurologue, l’adolescent est décédé d’un mal épileptique dû aux tortures et sévices subis, à l’absence de sommeil et au sevrage médicamenteux.

Les accusés encourent des peines de trois à vingt ans de réclusion criminelle.

* photo 1 : Cyril Driancourt / photo 2 : Frédéric Aupérin







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